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đïžÂ « Je dĂ©couvre que de tous mes aĂźnĂ©s, vous ĂȘtes le seul que jâadmire sans arriĂšre-pensĂ©e et sans effort (âŠ) je veux dire, sans critique, sans souci de mĂ©tier ; vous seul me restituez cette candeur, cet abandon aux prestiges de lâĂ©crivain, cette docilitĂ© Ă voir, Ă sentir, Ă souffrir comme lui. (âŠ) aucun de ceux qui vous aiment ne vous est plus que moi fidĂšlement attachĂ©. »
â Lettre de François Mauriac Ă Marcel Proust, 1er mars 1921, publiĂ©e dans « Correspondance intime », @editions_bouquins 2012, p. 168
Un peu flatteur, un peu servile, voire franchement obsĂ©quieux ? Mauriac venait de passer la soirĂ©e prĂ©cĂ©dente dans la chambre de Proust, au 44 rue Hamelin, Ă Paris. đïž Proust lui avait offert un exemplaire dĂ©dicacĂ© de son recueil de jeunesse « Les Plaisirs et les Jours » paru chez @calmann.levy en 1896. đ
Mais Mauriac reprochera Ă Proust, dans son hommage « Sur la tombe de Proust », en nov. 1922, de sâĂȘtre Ă©garĂ© dans sa vie et dâavoir fourvoyĂ© ses personnages en nâayant pas la foi⊠đ€·đ»ââïž Et il consignera dans son journal cette annotation navrante : « Ătrange souper Ă 10 heures du soir au chevet de Proust : draps douteux, odeur de ce meublĂ©, tĂȘte de juif, avec sa barbe de dix jours, revenu Ă la saletĂ© ancestrale. » đ€Šđ»ââïž
Proust lui-mĂȘme capable de cette vilĂ©nie mais habitĂ© par le dĂ©sir dâen restituer la vĂ©ritĂ© dans une oeuvre
Mauriac aux mauvaises pensĂ©es, prisonnier de son Ă©poque et de sa petitesse mais merveilleux, lumineux lecteur de Proust, sauvĂ© par lĂ et le reste de sa vie, irrĂ©prochable. Il est les deux, homme et bĂȘte, comme nous tous. Cocteau cruel et gĂ©nial mais aimant, que Picasso, lui, sec comme un os rongĂ© nâa pas aidĂ© Ă sauver le petit Max internĂ© Ă Drancy prĂ©textant quâil Ă©tait trop occupĂ© pour prĂȘter son aide et sa voiture quand Cocteau lui rĂ©clamait prĂ©sence prestigieuse « le petit Max sâen sortira, ne vous inquiĂ©tez pas », beurk.. et Morand, Ăąme damnĂ©e au cĆur aussi sec et pour le coup dâun vĂ©ritable et tenace antisĂ©mitisme Ă peine dissimulĂ© au sortir de la guerre pour des raisons de sauvegarde personnelle et dont tĂ©moigne le journal, dont le moins quâon puisse en dire est quâil salit les yeux et les mains de ses lecteurs Ă chaque Ă©vocation dâun collĂšgue.. re-beurk