De Gilberte à Albertine…
De Gilberte à Albertine… 👩🏻🦰👩🏻
Marcel est en plein désarroi parce qu’après avoir « rompu » son amitié avec Gilberte (de qui il attendait de l’amour), il vient de l’apercevoir se promenant sur les Champs-Élysées avec un autre garçon. 💔
🖋️ « Il y eut une scène à la maison parce que je n’accompagnai pas mon père à un dîner officiel où il devait y avoir les Bontemps avec leur nièce Albertine, petite jeune fille presque encore enfant. Les différentes périodes de notre vie se chevauchent ainsi l’une l’autre. On refuse dédaigneusement, à cause de ce qu’on aime et qui vous sera un jour si égal, de voir ce qui vous est égal aujourd’hui, qu’on aimera demain, qu’on aurait peut-être pu, si on avait consenti à le voir, aimer plus tôt, et qui eût ainsi abrégé vos souffrances actuelles, pour les remplacer, il est vrai, par d’autres. »
— Marcel Proust,
À l’ombre des jeunes filles en fleurs, 1919 🌺
« Première partie : Autour de Mme Swann »
Pléiade 1954 (éd. Clarac et Ferré), p. 626-627
La deuxième partie, qui commence 15 pages plus loin, commence par un « deux ans plus tard » qui permet à la « petite jeune fille » d’être devenue une adolescente. 👧🏻👩🏻
Deux curiosités dans cet extrait :
1️⃣ les périodes de la vie se « chevauchent », or on sait ce qu’il adviendra d’Albertine au début d’Albertine disparue. 🐴
2️⃣ la reprise pronominale qui permet à Proust d’écrire « LE voir » et non « la voir » concernant Albertine. Or on sait que le principal modèle d’Albertine… s’appelait Alfred. 👩🏻👨🏻
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