Albertine a « disparu » 🐎 et le long processus du deuil a commencé.
Albertine a « disparu » 🐎 et le long processus du deuil a commencé. Le narrateur entame une véritable litanie ponctuée par le rappel incessant de la mort d’Albertine. Entre enquête et introspection 🕵🏻♂️, Marcel passe des mois cloîtrés, ses parents ne sont même plus mentionnés, et Françoise rarement.
Proust a certainement transposé dans ce tome toute son expérience du deuil 💔 : celui de son père Adrien, mort en 1903, de sa mère Jeanne, morte en 1906, de ses amis morts sur le front (Bertrand de Fénelon, par exemple), et aussi le deuil coupable d’Alfred Agostinelli, l’un des principaux modèles d’Albertine, au printemps 1914, il y a 110 ans.
🖋️ « Souvent c’était dans les parties les plus obscures de moi-même, quand je ne pouvais plus me former aucune idée nette d’Albertine, qu’un nom venait par hasard exciter chez moi des réactions douloureuses que je ne croyais plus possibles, comme ces mourants chez qui le cerveau ne pense plus et dont on fait se contracter un membre en y enfonçant une aiguille. Et pendant de longues périodes, ces excitations se trouvaient m’arriver si rarement que j’en venais à rechercher de moi-même les occasions d’un chagrin, d’une crise de jalousie, pour tâcher de me rattacher au passé, de mieux me souvenir d’elle. Car, comme le regret d’une femme n’est qu’un amour reviviscent et reste soumis aux mêmes lois que lui, la puissance de mon regret était accrue par les mêmes causes qui du vivant d’Albertine eussent augmenté mon amour pour elle et au premier rang desquelles avaient toujours figuré la jalousie et la douleur. »
— Albertine disparue (La Futitive), 1925
Pléiade 1954 (éd. Clarac et Ferré), p. 537
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