De Cézanne à Proust.
De Cézanne à Proust. 🖼🖋
« On garde souvent un aspect moins net des personnes qu’on a vues très souvent et pour lesquelles la superposition des images différentes rend le contour plus indécis. » 🫥
— Marcel Proust, lettres à son ami Horace Finaly, (peu après le 8 mai 1921), @editions_gallimard 2022, p. 69 📚
Cette idée exprimée dans sa correspondance privée correspond bien à ce que le romancier a tenté d’illustrer dans son œuvre. Vous souvenez-vous du portrait d’Albertine, et de son grain de beauté qui se déplace sur son visage, lorsque Marcel essaye de recomposer son visage dans sa mémoire, à une époque où il la voit quasiment tous les jours ? 😨😰
Chez Balzac, le portrait physique des personnages tenait en deux ou trois coups de pinceau, et restait en deux dimensions. 💁🏻♂️
Chez Proust, la réalité physique comme morale échappe toujours : elle est insaisissable. 🙅🏻♂️🤷🏻♂️ Proust a introduit le Temps dans le roman, et c’est comme inventer le portrait en trois dimensions.
On pense aux portraits cubistes représentant simultanément les diverses facettes, toutes infidèles et incomplètes, d’un même visage, on pense à l’œuvre du jeune Picasso, que Proust croisa et à l’œuvre duquel il était sensible. Plus loin, on pense au maître de Picasso : Cézanne 🍎🍊 et ses silhouettes nues de baigneurs et de baigneuses… 🌿✨
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Bref : je ne sais pas si ce sont tous ces corps nus qui sont en cause, ou bien si j’ai déjà touché le fond de mon compte bancaire… mais la demande (payante, donc)… n’a pas été approuvée ! 🙄
Rions ensemble… 😂
Je me rattraperai prochainement en « boostant » la scène de Charlus au bordel dans « Le Temps retrouvé » : la censure étant incapable de lire, on va bien s’amuser. 🤭
— Georges Cattaui, « Marcel Proust et son temps », 1956