« La fin de la jalousie », une nouvelle de 1896
« La fin de la jalousie », une nouvelle de 1896 🤓📚✨
« La fin de la jalousie », m’avait déjà paru la nouvelle la plus réussie du recueil « Les Plaisirs et les jours », paru en 1896 chez @calmann.levy , si j’en crois mes annotations dans le petit volume des éditions Mille et Une Nuits acheté en 1998 chez @librairie.dialogues , feuilleté vers 2001, lu en 2018. ✔️
Et mon impression est confirmée dans ce @editionsfolio 2€ qui le reprend partiellement. Acheté à la librairie du @petitpalais_musee après la très belle exposition « André Devambez : vertiges de l’imagination » ! 🖼️😍
Il y a dans cette courte nouvelle, construite en trois chapitres, de nombreux prémices des thèmes, des motifs et pour tout dire de l’esthétique proustienne. L’amour adultère qu’éprouve Honoré pour Françoise, né d’un simple désir de conquête, d’un simple plaisir charnel, y prend une dimension tragique lorsque la jalousie le renouvelle, au moment même où il pensait s’éteindre. 😏🔥
La maladie, l’accident, la mort prématurée, le voyeurisme sado-masochiste… Cette nouvelle est non seulement un condensé de littérature post-impressionniste, décadente, « fin de siècle », mais aussi et surtout une esquisse romanesque qui, à bien des égards, rappelle par anticipation certaines des pages les plus intenses du roman à venir : la jalousie de Swann pour Odette, de Marcel pour Albertine, les scènes de voyeurisme à Montjouvain 🪟 et dans l’hôtel de Jupien ⛓️, le baiser maternel… ❤️🩹
Certaines des plus belles obsessions proustiennes sont déjà mises en scène dans ce court récit, que je vous recommande chaudement, si vous ne le connaissez pas encore.
« C’est vrai qu’il s’écoutait trop ; au fond de sa vie, il écoutait toujours la mort qui jamais ne l’avait laissé tout à fait et qui, sans détruire entièrement sa vie, la minait, tantôt ici, tantôt là. Maintenant son asthme augmentait, il ne pouvait pas reprendre haleine, toute sa poitrine faisait un effort douloureux pour respirer. Et il sentait le voile qui nous cache la vie, la mort qui est en nous, s’écarter et il apercevait l’effrayante chose que c’est de respirer, de vivre. » — p. 98 in @editionsfolio 2€ n°4790

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