J’ai coutume de dire que « la Recherche » est l’histoire d’une emprise 🔗⛓️ mais surtout d’une « déprise »…
J’ai coutume de dire que « la Recherche » est l’histoire d’une emprise 🔗⛓️ mais surtout d’une « déprise » ⛓️💥. Le narrateur y raconte sa longue (et longtemps incertaine) prise de conscience au sujet de la vanité du monde, des schémas répétés de l’amour, des impasses de l’écriture et de l’art.
Dans « À l’ombre des jeunes filles en fleurs » 🌸, il énonce par exemple ce paradoxe : « (…) la nouvelle qu’on va revoir celle qu’on aime donnerait une commotion peu agréable. » Le narrateur ressent les effets du manque, mais c’est un manque choisi. Un « dépoisonnement » 🧪🦠, si j’ose dire.
🖋️ « Nous savons tous, quand nous n’aimons plus, que l’oubli, même le souvenir vague ne causent pas tant de souffrance que l’amour malheureux. C’est d’un tel oubli anticipé que je préférais, sans me l’avouer, la reposante douceur. »
Le narrateur choisit la moins pénible de deux souffrances. Il connaît la force de son attachement amoureux, et préfère une séparation choisie 📬 à un détachement subi. Puisque sa jalousie rend impossible son amour, et qu’il ne peut attacher 🪢 celle qu’il aime, il doit s’en détacher en premier lieu.
🖋️ « Par ce mal qu’elle nous a fait, la femme nous cerne de plus en plus, redouble nos chaînes, mais aussi celles dont il nous aurait jusque-là semblé suffisant de la garrotter pour que nous nous sentions tranquilles. »
Dans sa relation finissante avec Gilberte, comme dans sa relation naissante avec Albertine, le narrateur finit par se rendre compte que son désir de possession est vain, car on ne possède jamais ce qu’on aime. Ce qu’on aime nous possède. ❤️🩹
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