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J’ai coutume de dire que « la Recherche » est l’histoire d’une emprise 🔗⛓️ mais surtout d’une « déprise »…

J’ai coutume de dire que « la Recherche » est l’histoire d’une emprise 🔗⛓️ mais surtout d’une « déprise » ⛓️‍💥. Le narrateur y raconte sa longue (et longtemps incertaine) prise de conscience au sujet de la vanité du monde, des schémas répétés de l’amour, des impasses de l’écriture et de l’art.

Dans « À l’ombre des jeunes filles en fleurs » 🌸, il énonce par exemple ce paradoxe : « (…) la nouvelle qu’on va revoir celle qu’on aime donnerait une commotion peu agréable. » Le narrateur ressent les effets du manque, mais c’est un manque choisi. Un « dépoisonnement » 🧪🦠, si j’ose dire.

🖋️ « Nous savons tous, quand nous n’aimons plus, que l’oubli, même le souvenir vague ne causent pas tant de souffrance que l’amour malheureux. C’est d’un tel oubli anticipé que je préférais, sans me l’avouer, la reposante douceur. »

Le narrateur choisit la moins pénible de deux souffrances. Il connaît la force de son attachement amoureux, et préfère une séparation choisie 📬 à un détachement subi. Puisque sa jalousie rend impossible son amour, et qu’il ne peut attacher 🪢 celle qu’il aime, il doit s’en détacher en premier lieu.

🖋️ « Par ce mal qu’elle nous a fait, la femme nous cerne de plus en plus, redouble nos chaînes, mais aussi celles dont il nous aurait jusque-là semblé suffisant de la garrotter pour que nous nous sentions tranquilles. »

Dans sa relation finissante avec Gilberte, comme dans sa relation naissante avec Albertine, le narrateur finit par se rendre compte que son désir de possession est vain, car on ne possède jamais ce qu’on aime. Ce qu’on aime nous possède. ❤️‍🩹

#MarcelProust #Àlombredesjeunesfillesenfleurs #RTP #Àlarecherchedutempsperdu #proustagram #Albertine #Balbec #PrixGoncourt #1919

Commentaires 7

Sur Instagram

  • B
    @berthier_pierre23 septembre 2024 · 2
    Le dépoisonnement… belle trouvaille
  • B
    @biblioparfum23 septembre 2024 · 6
    Belle analyse… c’est également vrai pour le lecteur : il croit (j’ai cru) dévorer La Recherche… c’est La Recherche qui le dévore !
  • I
    @inbalbec23 septembre 2024 · 1
    Always favourite!
  • A
    @amapolita_47__23 septembre 2024 · 1
    Magnifique commentaire !!! Merci 🔥🔥🔥🔥
  • R
    @rudaamerico23 septembre 2024 · 1
    My greatest classic!
  • D
    @danslebaindhector23 septembre 2024
    C’est le lecteur qui fait le roman en en parlant — disons, c’est une interprétation... LA RECHERCHE n’est-elle qu’une histoire d’amour plus ou moins heureuse ? Celle d’une prise de conscience, assurément, mais c’est aussi celle de son lecteur dans sa capacité de révéler et se révéler à travers elle. Je me souviens de sa conclusion, sur la solitude irrémédiable — du narrateur ? De nous-mêmes ? Je ne sais pas, mais il me sembla que Proust se trompait sur ce point. En tous cas, je remis en doute cette conclusion ou celle que je faisais du roman — comment savoir si c’était moi ou ce roman qui se trompait ? Cette idée de solitude proposée par « Monsieur Marcel », qu’en pensait Céleste qui ne le quitta pas d’une semelle pendant des années ? Comme elle était payée pour s’occuper de l’écrivain, sa présence ne comptait-elle pas ? En ce cas, serait-ce l’argent qui rend seul, paradoxalement, alors qu’on paye pour ne pas l’être ? [PLAISIR, PASTICHE ET INSTAGRAM 😙]
  • N
    @nawimal923 septembre 2024 · 1
    ❤️

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