Connaissez-vous cette lettre de Proust à Gallimard, dans laquelle l’auteur confirme par anticipation la…
🐝 Connaissez-vous cette lettre de Proust à Gallimard, dans laquelle l’auteur confirme par anticipation la réputation que lui a donné Cocteau bien plus tard d’avoir été pour ses proches une sorte d’insecte dévorant :
🖋️ « Je n’ai plus le mouvement, ni la parole, ni la pensée, ni le simple bien-être de ne pas souffrir. Aussi, expulsé pour ainsi dire de moi-même, je me réfugie dans les tomes que je palpe à défaut de les lire et j’ai à leur égard les précautions de la guêpe fouisseuse sur laquelle Fabre a écrit les admirables pages (…) Recroquevillé comme elle et privé de tout, je ne m’occupe plus que de leur fournir à travers tout le monde des esprits l’expansion qui m’est refusée. »
— extrait de la lettre du 3 octobre 1922
Il y a peut-être dans ces derniers mots de Proust un souvenir du poème « Correspondances » de Charles Baudelaire, sur lequel il venait d’écrire un article pour @nrf.larevue 📓, où sont évoqués les parfums « corrompus, riches et triomphants, / Ayant l’expansion des choses infinies, / Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens, / Qui chantent les transports de l’esprit et des sens. »
Quoi qu’il en soit, je trouve que c’est un des plus beaux et des plus intimes passages de la correspondance entre Proust et Gallimard (1912-1922) @editions_gallimard 🙌🏻
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