Chloé Cruchaudet, « CELESTE »
Chloé Cruchaudet, « CELESTE » 💦✨
Vous avez assisté au déballage du carton 😺, à l’ouverture de l’enveloppe 😻 et plusieurs d’entre vous m’ont demandé ce que je pensais des deux volumes de « CELESTE », écrits et dessinés par @chloe_cruchaudet . 📗📘
Tout d’abord, l’adaptation dessinée de l’univers proustien, réclusion et excentricité, hypocondrie et créativité, est très réussie. Les codes visuels traditionnels (cases, bulles, croquis) sont ici sans cesse bousculés par l’inventivité, dans un dialogue constant entre le mot et l’image. 🖋️🖼️
Comme chez Proust, la métaphore est partout dans ces pages, grâce peut-être à la translucidité de l’aquarelle 💧, et ces deux généreux volumes doivent se savourer avant tout comme une évocation poétique et subjective d’un monde disparu 🕰️🪟🛌 : celui du Paris de la Belle époque puis des années folles 🎊, auquel de nombreux détails documentaires renvoient discrètement, qui fut aussi un entre-deux-guerres. 💥💣
@chloe_cruchaudet est sans conteste une proustienne aguerrie et elle parvient à réemployer en virtuose de la plume et du pinceau 👩🏼🎨 des extraits de l’œuvre aussi bien que la correspondance. À cet égard, la bibliographie qu’elle propose en fin de volume est digne d’un ouvrage universitaire. 📚🤯
Mais c’est avant tout une artiste qui se saisit amoureusement ❤️🩹 de l’œuvre d’un autre artiste. Proust, manifestement, la fascine autant que nous tous ici… or contrairement à la plupart d’entre nous, l’auteure de « CELESTE » ne reste pas une « célibataire de l’art », bêtifiée de proustolâtrie… 🫣 Loin du respect figé et stérile d’une simple adaptation, @chloe_cruchaudet parvient à traduire la plupart des éléments clefs de la Recherche grâce à une parfaite maîtrise de son art. 👌🏻✨
Nous faisons grâce à elle un pas de côté en compagnie de Céleste Albaret, et cette belle œuvre originale témoigne de l’amour inconditionnel que sa servante 🙇🏻♀️ a été la première à vouer, au-delà de l’œuvre, à l’auteur lui-même : un certain Marcel Proust. 👨🏻







Et aux dernières nouvelles, il n’existe aucun enregistrement sonore de la voix de Proust… alors, ne dites pas que l’auteure « lui fait parler une langue qui tient de la caricature », mais dites plutôt que ce n’est pas ainsi que vous l’imaginez. Le Proust de Cocteau n’est pas celui de Morand, et celui de Gide n’est pas celui de Rivière. Impossible d’affirmer : Proust s’exprimait comme ceci ou comme cela.
Nous n’avons pas tous en tête la même image de nos auteurs favoris, et c’est tant mieux.
Je réitère mes compliments à l’égard de @chloe_cruchaudet ! 👏👏