Céleste Albaret fut la première des proustolâtres !
Céleste Albaret fut la première des proustolâtres ! 🤩
Sa rencontre avec « Monsieur Proust » en 1913 tient en effet de la révélation chrétienne et du charme oriental… c’est une véritable conversion ! 🙌🏻 Une jeune femme modeste, originaire d’un petit village de Lozère, dont l’éducation est un mélange de superstition et de « bon sens » paysan, s’attache à un rentier oisif, homosexuel, parisien, agnostique et mondain ? 🫨
La vie de Céleste ne devait pas être celle d’une femme de lettres. Mais après la mort de Marcel Proust le 18 novembre 1922, sa fidèle servante est devenue la mémoire vivante du grand auteur. 📽️📺
@laurehillerin , dans son admirable biographie, nous raconte Céleste avant, pendant et après Proust. Sa famille, son village, ses valeurs, sa langue maternelle et la géographie de son pays natal. Son mariage 👰🏻♀️🤵🏻♂️ avec Odilon Albaret, chauffeur de Proust depuis 1907, qu’il appelle « Monsieur Marcel » par habitude et par affection.
Car oui, cette vie de Céleste nous raconte l’affection que pouvait avoir des domestiques pour leur patron. Or il faut sans doute le rappeler : autour de 1900, il y a en France davantage de domestiques que d’ouvriers.
Affection réciproque, d’abord. Car ils se sont supportés l’un l’autre, et cela tient soit du miracle, soit de la résolution la plus farouche (peut-être un peu des deux). Ensuite, on peut dire qu’il l’a considérée très tôt comme une sorte de légataire. Il lui avait prédit qu’elle resterait le témoin de cette période d’écriture, dont elle partagea avec lui les enthousiasmes et les frustrations.
Céleste assista au deuil d’Alfred/Albertine, vécut avec lui la guerre à Paris. Elle observa Gide « le faux-moine », les gens de lettres, les courtisans et le bal des mondains autour de l’auteur. Elle fut à ses côtés jusqu’à la dernière correction et jusqu’au dernier souffle. 🛌
Ce qu’elle apporte à l’image du grand auteur, ce en quoi elle a contribué à son apothéose, c’est tout simplement cette caution que donne au bourgeois l’adoration de son domestique. En publiant « Monsieur Proust » en 1973, elle a légué aux études proustiennes une part qui n’est pas anodine : une part céleste. 🎈
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