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Pendant la guerre, le narrateur passe de longs mois en maison de santé 🤒🤕🛌, loin de Paris (Proust s’inspire…

Pendant la guerre, le narrateur passe de longs mois en maison de santé 🤒🤕🛌, loin de Paris (Proust s’inspire ici d’un séjour plus court qu’il a fait suite à la mort de sa mère, fin 1905, avant d’entamer l’écriture de son grand roman). Il ne revient chez lui que deux mois autour d’août-septembre 1914, pour une visite médicale (qui lui permet d’être réformé). Puis en 1916, où il reçoit une courte visite de son ami Robert de Saint-Loup pour la dernière fois :

🖋️ « Quand Saint-Loup était entré dans ma chambre, je l’avais approché avec ce sentiment de timidité, avec cette impression de surnaturel que donnaient au fond tous les permissionnaires et qu’on éprouve quand on est introduit auprès d’une personne atteinte d’un mal mortel et qui cependant se lève, s’habille, se promène encore. Il semblait (…) »

> La suite de l’extrait est en commentaire… 📎

Robert de Saint-Loup, dans ce passage en particulier, doit beaucoup à Bertrand de Fénelon, grand ami de Proust, mort le 17 déc. 1914 aux champs d’honneur. ⚰️🪦

L’illustration est tirée du très beau catalogue @parismusees (p. 201) de l’exposition « Marcel Proust : un roman parisien » qui s’est tenue au @museecarnavalet en 2021-2022.

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Commentaires 1

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  • P
    @proustagram27 avril 2024 · 5
    🖋️ « Il semblait (il avait surtout semblé au début, car pour qui n'avait pas vécu comme moi loin de Paris, l'habitude était venue qui retranche aux choses que nous avons vues plusieurs fois la racine d'impression profonde et de pensée qui leur donne leur sens réel), il semblait presque qu'il y eût quelque chose de cruel dans ces permissions données aux combattants. Aux premières, on se disait : « Ils ne voudront pas repartir, ils déserteront. » Et en effet ils ne venaient pas seulement de lieux qui nous semblaient irréels parce que nous n'en avions entendu parler que par les journaux et que nous ne pouvions nous figurer quon eût pris part à ces combats titaniques et revenir avec seulement une contusion à l'épaule; c’était des rivages de la mort, vers lesquels ils allaient retourner, qu'ils venaient un instant parmi nous, incompréhensibles pour nous, nous remplissant de tendresse, d'effroi, et d'un sentiment de mystère, comme ces morts que nous évoquons, qui nous apparaissent une seconde, que nous n'osons pas interroger et qui du reste pourraient tout au plus nous répondre : « Vous ne pourriez pas vous figurer.» Car il est extraordinaire à quel point, chez les rescapés du feu que sont les permission-naires, chez les vivants ou les morts qu'un médium hypnotise ou évoque, le seul effet du contact avec le mystère soit d'accroître, s'il est possible, l'insignifiance des propos. Tel j'abordai Robert qui avait encore au front une cicatrice, plus auguste et plus mystérieuse pour moi que l'empreinte laissée sur la terre par le pied d'un géant. Et je n'avais pas osé lui poser de question et il ne m'avait dit que de simples paroles. Encore étaient-elles fort peu différentes de ce qu'elles eussent été avant la guerre, comme si les gens, malgré elle, continuaient à être ce qu'ils étaient ; le ton des entretiens était le même, la matière seule différait, et encore ! »

    — Marcel Proust, Le Temps retrouvé, 1927
    Pléiade 1954 (éd. Clarac et Ferré), III, p. 757

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