Paul Morand est un drôle de bonhomme.
Paul Morand est un drôle de bonhomme. 🫤 Contemporain de Cocteau, qu’il rencontre avant la « Grande Guerre », il a 17 ans de moins que Proust. Il débute une carrière d’ambitieux 🧳 dans l’ombre de Philippe Berthelot, grande figure du Quai d’Orsay. Il compose une célèbre « Ode à Marcel Proust », déjà citée ici, dont le principal intéressé apprécie moyennement la familiarité. 🚪
En 1921, il publie son premier recueil de nouvelles, Tendres stocks, pour lequel Proust consent à écrire une préface mi-figue, mi-raisin. Homme de droite, il contribue au « Figaro » 🗞️ et développe une pensée qu’on pourrait qualifier de néo-coloniale, raciste et misogyne.
Durant la Seconde Guerre mondiale, Morand est proche du régime de Vichy et fait connaître avec zèle son antisémitisme à travers son Journal de guerre. 😓 Le fâcheux bonhomme s’exile donc en Suisse après 1945. Le groupe des « Hussards » le tient alors pour un modèle.
Dans ce recueil de textes rassemblés autour de Venise 🎭 et couvrant quelques soixante-dix ans d’observations à la manière d’un journal recomposé, il fait allusion à Proust à plusieurs reprises, sans verser dans l’anecdote ni rien dire de très essentiel.
D’ailleurs, le ton de ce recueil est assez désagréable, ponctué d’obscures allusions et d’auto-suffisance. Le plus remarquable est la rencontre fortuite, dans un même ouvrage, du souvenir qu’il a gardé de la « Belle-Époque » et de l’observation qu’il fait, après 1968, des jeunes hippies traversant Venise pour fuir vers l’Orient. Un « désorbitage » spatio-temporel 🛰️😵💫 qu’aurait peut-être apprécié Proust.
Ici s’achèvera donc mon « Ode à Paul Morand ».
Commentaires 6
Sur Instagram