Dans la troisième partie de Du côté de chez Swann, le personnage principal 👦🏻, double de l’auteur et futur…
Dans la troisième partie de Du côté de chez Swann, le personnage principal 👦🏻, double de l’auteur et futur narrateur de sa vocation 🤵🏻♂️, est fasciné par la beauté et la sonorité des noms : celui de Guermantes, notamment, mais aussi ceux des lieux qu’il fréquente, près de Combray 🏠. Noms auxquels il associe par exemple des couleurs et des traits de personnalité, dans une synesthésie qui peut rappeler les « Voyelles » de Rimbaud. ✨
Je retrouve ce sourd appel des sons et du sens dans le très beau texte intitulé « Dérives grecques », écrit par Béatrice Commengé et publié par @editionsverdier 📘 dans le recueil Voyager vers des noms magnifiques :
🖋️ « Minuit et demi. Pension Minos. La chambre est au rez-de-chaussée et donne sur un petit jardin. Isichia... (calme... déjà ? Nous ne sommes pourtant pas à Kastellorizo). Isichia se vend très bien. Peut-être mieux que la vue sur la mer. Deux lits. Deux chaises. « Pas de table ? » Étrange question. Ici, les tables, c’est fait pour le ciel, pour les trottoirs, les cours, les restaurants, dehors, des dizaines, des centaines de tables, avec des chaises, des centaines, des milliers de chaises. D’année en année, les chaises de bois sont remplacées par des fauteuils en plastique blanc, rouge ou violet. On aime bien le violet, je remarque. Et quand les trottoirs, les cours, les terrasses, les salles de restaurants seront noyés sous une mer de fauteuils en plastique (les mêmes fauteuils qu’à Paris, à Rome, à Istanbul, à Rio, à Singapour... ), personne ne comprendra plus pourquoi ce café, là, sur la place du village, sous le platane, s’appelle Karekles - les chaises - des chaises dures, inconfortables, au dossier trop droit, chaises cannées, paillées, aimées... Mais j’en reviens à ma table. Trapeza. Trapeza: c’est une table et une banque. Non, je ne réclame pas une banque. Seulement une table, « pour écrire ». « Écrire ?… En Grèce? » C’est que je n’ai rien compris. Lawrence Durrell a bien raison : en Grèce, on n’écrit pas, « on reste assis pendant des heures, à écouter éclater les figues ». Dehors. »
🇬🇷⛱️✍🏻
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